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Le ravin s'approche des bâtiments !!!
(2 mètres par an...)

(Cet article restera en ligne tant que le problème ne sera pas résolu)

À côté du bâtiment du lycée Lumumba et derrière le collège de la mission catholique Anne-Marie Javouhey, l'érosion avance sans bruit et menace dangereusement ces établissements. Depuis 2003 et même avant on ne cesse d'espérer une intervention rapide des autorités de Brazzaville avant que l'irréparable ne se produise.

Dangereux spectacle. Une bonne partie de l'ancienne cafétéria du lycée Lumumba, située à environ 20 mètres du bâtiment, s'est déjà écroulée dans le ravin de l'ex-piscine caïman. Celui-ci avance en silence et menace dangereusement l'effondrement de l'aile droite du lycée Même situation de l'autre coté, derrière le collège Anne-Marie Javouhey. À environ 30 mètres du bâtiment du collège, l'érosion poursuit sa marche. Quelques grosses pluies suffisent pour que l'irréparable se produise.
Si, du côté du lycée, le corps professoral regarde, tout comme les élèves, impuissants, les autorités du collège Javouhey ont, quant à elles, tenté, il y a plus d'un an de planter les bambous sur le flanc du ravin afin d'arrêter la progression de l'érosion. Les plants n'ont, malheureusement, rien donné et risquent d'abriter les serpents.

Le ruisseau détourné par les jardiniers

Au cœur de ce ravin, truffé d'herbes, coule un tout petit ruisseau qui chute dans le fleuve Congo, situé a environ 400 mètre de là. Cet endroit fut dans les années 70, une célèbre piscine dénommée "piscine caïman" fréquentée par la colonie européenne vivant à Brazzaville ainsi que les familles congolaises et africaines de la classe aisée. En période de saison sèche (juin à septembre), des maraîchers y entretiennent des jardins de légumes qui alimentent les marchés de Brazzaville. Ils désertent une partie des lieux en saison des pluies (octobre à mai), période où cette ancienne piscine se transforme en une véritable rivière et dont le cours a été détourné vers les bâtiments par les jardiniers. Ce qui accélère le glissement du flanc du ravin

Construite dans les années 50, l'école Anne-Marie Javouhey, de la Mission catholique, n'avait pas échappé à la vague de nationalisation de 1965 décidée alors par le régime socialiste de l'époque. Quelques vieux bâtiments n'ont été restitués qu'en 1995, à la faveur de la Conférence nationale en 1991. Une conférence qui inaugurait l'ère démocratique au Congo.
Le bâtiment à un niveau, plus récent, construit par l'Etat congolais a subi quelques réfections. "Aujourd'hui nous faisons tout pour empêcher que les eaux des pluies ne creusent davantage le terrain déjà accidenté. Nous avons placé dans certains endroits de la cour des morceaux de troncs d'arbres pour arrêter l'effondrement du terrain. Mais ce n'est pas suffisant devant des violentes pluies tropicales", explique Sœur Claire qui ajoute dans un ton emprunt d'ironie qu'"on attend qu'une partie du lycée Lumumba s'écroule pour qu'après on nous le restitue".
Les visites appréciées du Maire de la ville, Hugues Ngouélondélé, sur les lieux, en mai 2003, et plus récemment encore, suite à des courriers de l'école, "nous laissent espérer une intervention ultérieure", conclut Sœur Claire, un peu pessimiste. Pour le moment l'érosion est là toute menaçante.


(Avec l'autorisation de Jean-Valère Ngoubangoyi)

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